Temps de prolongation au foot : durée, mi-temps et règles

Un match qui bascule en prolongation n’a plus rien à voir avec les 90 premières minutes. Le corps est entamé, le mental aussi, et la moindre erreur se paye cash. Comprendre le temps de prolongation,

Sophie Martineau

Rédigé par : Sophie Martineau

Publié le : 26 juin 2026


Un match qui bascule en prolongation n’a plus rien à voir avec les 90 premières minutes. Le corps est entamé, le mental aussi, et la moindre erreur se paye cash. Comprendre le temps de prolongation, sa durée, le découpage en mi-temps et les règles qui l’encadrent permet de mieux lire ce qui se passe sur le terrain, mais aussi d’adapter la préparation physique. Quand un match nul file vers ces 30 minutes supplémentaires, l’arbitre n’applique pas juste un protocole administratif, il ouvre une phase totalement différente en termes de gestion d’effort, de stratégie et de risques de blessure.

Entre la gestion du temps additionnel, la courte trêve avant la reprise et la fameuse séance de tirs au but qui peut suivre la fin de match, chaque détail compte. Les grandes compétitions internationales comme la Coupe du monde ou l’Euro s’affinent sans arrêt sur ces questions, tout en conservant l’idée centrale : donner une dernière chance aux équipes de se départager dans le jeu avant de passer à la loterie relative des tirs au but. Derrière les chiffres apparemment simples, 2 fois 15 minutes, se cachent en réalité des choix lourds pour les entraîneurs, les joueurs et même les fédérations qui cherchent à limiter la surcharge de matchs.

En bref

  • La prolongation au football ne se joue que dans les compétitions à élimination directe en cas de match nul après 90 minutes.
  • Elle dure 30 minutes au total, en deux mi-temps de 15 minutes avec changement de côté.
  • L’arbitre peut ajouter un léger temps additionnel à chaque période si les interruptions le justifient.
  • En cas d’égalité persistante, le match se conclut par une séance de tirs au but.
  • Physiquement, ces 30 minutes augmentent nettement la fatigue, les crampes et les risques de blessure.
  • Les entraîneurs doivent adapter tactique, remplacements et gestion mentale pour survivre à cette phase.
  • Chez les jeunes, la durée des prolongations est souvent réduite pour respecter la capacité d’endurance.

Temps de prolongation au foot : définition, contexte et logique des règles

Sur le papier, une prolongation de football est simple à expliquer : 2 périodes de 15 minutes ajoutées à un match quand le score est toujours nul après 90 minutes. Dans la réalité, c’est une phase à part, pensée pour les rencontres où un vainqueur doit impérativement sortir, typiquement en coupe ou en phase finale d’un tournoi. Un match de championnat classique se contente d’un partage des points, alors qu’une demi-finale ou une finale ne peut pas se terminer sur un simple nul.

Cette phase supplémentaire répond à un besoin basique du sport de compétition : désigner un qualifié ou un champion sans dépendre uniquement des tirs au but. Les séances de penalties font partie du folklore, mais personne de sérieux ne les considère comme la meilleure façon d’évaluer la qualité d’une équipe sur 120 minutes. La prolongation sert justement à laisser un dernier espace de jeu libre, où les automatismes et l’organisation collective peuvent encore faire la différence.

Historiquement, la FIFA et l’UEFA ont testé différentes formules. Le fameux but en or, par exemple, qui faisait gagner l’équipe dès le premier but marqué pendant la prolongation. Spectaculaire, oui. Juste, pas toujours. Beaucoup d’équipes se retrouvaient tétanisées à l’idée de prendre un contre fatal, et le jeu devenait parfois plus frileux qu’offensif. Depuis 2004, retour à un modèle plus classique : on joue l’intégralité des 30 minutes, peu importe le nombre de buts.

Pour les compétitions modernes, les règlements sont clairs. Le temps de prolongation ne s’applique que :

  • dans les matchs à élimination directe (coupes nationales, Ligue des champions à partir des huitièmes, Euro, Coupe du monde) ;
  • lorsque le score reste à égalité au terme des 90 minutes réglementaires, temps additionnel compris ;
  • quand le règlement de la compétition le prévoit explicitement, sinon on passe directement aux tirs au but.

Dans certains tournois de jeunes ou de niveau amateur, les organisateurs sautent carrément la prolongation pour préserver les organismes et gagner du temps logistique. On file alors directement à la séance de penalties. Ce choix n’a rien d’absurde pour des joueurs qui enchaînent parfois plusieurs rencontres sur un week-end.

Un point que beaucoup de spectateurs confondent encore : le temps additionnel de fin de deuxième mi-temps n’a rien à voir avec la prolongation. Le premier sert à rattraper les minutes perdues dans la période en cours, le second constitue un bloc de jeu à part, avec ses propres règles et son découpage. Une fois la prolongation officiellement annoncée par l’arbitre, on bascule mentalement dans un autre match, avec une gestion spécifique de l’effort et des remplacements.

Comprendre cette logique évite pas mal d’incompréhensions sur les forums ou au bord du terrain. Non, l’arbitre n’« invente » pas du temps, il applique un cadre prévu à l’avance. L’enjeu, ensuite, c’est de voir comment les équipes utilisent ce temps bonus, et c’est là que la durée exacte et la structure des mi-temps prennent toute leur importance.

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Durée d’une prolongation, mi-temps et gestion du temps additionnel

Sur les compétitions encadrées par la FIFA et la plupart des fédérations nationales, la durée d’une prolongation est standardisée : 30 minutes de jeu effectif, découpées en deux mi-temps de 15 minutes. Les équipes changent de côté à la mi-temps, sans repasser par les vestiaires. On reste dans une logique de continuité du match pour ne pas casser complètement le rythme ni refroidir les muscles.

Entre le temps réglementaire et la prolongation, une courte trêve s’installe. En général, environ 5 minutes sont accordées. Pas question de refaire un échauffement complet, mais suffisant pour :

  • boire et se ravitailler légèrement en glucides rapides ;
  • recevoir deux ou trois consignes tactiques claires ;
  • gérer rapidement un strap, un changement de crampons ou de protège-tibias.
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À l’intérieur même de la prolongation, il n’y a pas de pause longue entre les deux mi-temps, juste le temps de changer de camp et d’échanger quelques mots. C’est souvent à ce moment que l’on voit un joueur s’étirer rapidement ou un staff courir avec les bouteilles. Les corps sont déjà à 90 minutes d’effort, chaque micro-pause devient un petit investissement pour tenir jusqu’à la fin de match.

La question qui revient sans cesse : y a-t-il un temps additionnel en prolongation ? Oui, l’arbitre garde la main pour compenser les interruptions significatives, comme un long passage au VAR, une blessure sérieuse, ou une succession de changements. On parle généralement d’1 à 3 minutes par période, rarement plus, car au-delà la fatigue explose. Les règlements ne fixent pas un plafond strict, mais le bon sens et la santé des joueurs imposent une forme de limite.

Pour donner un aperçu clair, voici un tableau récapitulatif du déroulé classique d’un match à élimination directe avec prolongation possible :

Période Durée nominale Particularités de gestion du temps
Première mi-temps 45 minutes Temps additionnel selon les arrêts de jeu, annoncé par le quatrième arbitre.
Pause de mi-temps 15 minutes Retour aux vestiaires, réajustements tactiques complets.
Deuxième mi-temps 45 minutes Temps additionnel en fin de match si besoin.
Trêve avant prolongation Environ 5 minutes Reste sur le terrain, hydratation, consignes rapides.
Prolongation 1re période 15 minutes Possibilité de 1 à 3 minutes de temps ajouté en cas d’interruptions.
Changement de côté 1 à 2 minutes Aucune nouvelle trêve, simple inversion des camps.
Prolongation 2e période 15 minutes Nouveau temps additionnel éventuel, puis éventuels tirs au but.

Pour les catégories jeunes, les durées sont souvent ajustées. On voit fréquemment des prolongations en 2 x 10 minutes chez les U15 par exemple, afin de rester cohérent avec leur développement physique. Jouer 120 minutes pleines pour un adolescent qui sort tout juste du collège n’a pas grand sens, et les fédérations l’ont compris.

Cette architecture du temps influe directement sur les décisions de coaching. Un entraîneur qui sait qu’il lui reste potentiellement 30 minutes de jeu ne gère pas ses remplacements comme s’il voulait juste tenir jusqu’au coup de sifflet. Certains gardent un changement pour la prolongation, notamment pour sortir un joueur cramé ou faire entrer un spécialiste des penalties. D’autres misent sur l’idée de gagner avant et usent davantage le banc pendant le temps réglementaire.

Au final, la durée et le découpage des mi-temps de prolongation ne sont pas des détails protocolaires. Ce sont des repères qui structurent tout le match et conditionnent aussi bien la préparation physique en amont que la lecture tactique en direct.

Fin de match, but en or disparu et place des tirs au but

Une fois la prolongation lancée, deux scénarios principaux existent. Soit une équipe prend l’avantage, l’autre égalise éventuellement, et le match se termine au bout des 30 minutes de jeu. Soit l’égalité persiste, et l’arbitre envoie les joueurs vers la séance de tirs au but. Dans les deux cas, la gestion des dernières minutes est un art à part entière.

On entend souvent dire qu’un but marqué dans les dernières secondes de prolongation est plus cruel qu’un penalty raté. D’un point de vue mental, ce n’est pas faux. Une équipe qui défend un nul depuis 120 minutes et se fait crucifier sur une frappe déviée, c’est toute une construction tactique qui s’effondre d’un coup. En face, marquer tard laisse très peu de temps à l’adversaire pour réagir, ce qui rend ces instants encore plus chargés en tension.

Longtemps, la règle du but en or a cherché à capitaliser sur cette intensité. Le principe était simple : premier but en prolongation, fin de match immédiate. Cela a donné des moments entrés dans l’histoire, comme le tir de David Trezeguet à l’Euro 2000. Mais cette règle poussait certaines équipes à jouer avec la peur au ventre, plus occupées à ne pas encaisser qu’à marquer. Progressivement, les instances ont jugé qu’il valait mieux revenir à une prolongation « complète », quitte à accepter quelques phases plus prudentes.

Depuis cette évolution, les règles sont stables : on joue la totalité du temps, même si un but est marqué. La seule exception, évidente, reste le cas où une équipe ne peut plus revenir au score sur la durée restante (par exemple, deux buts de retard à la 120e + 2). Mais là, c’est juste de la logique arithmétique, pas une règle spéciale.

Quand l’égalité est encore là à la toute fin de match, les penalties prennent le relais. Chaque équipe choisit 5 tireurs, plus un gardien, et l’ordre est transmis à l’arbitre. Celui-ci est alors autant psychologue que garant du règlement. La distance est fixe, le point de penalty ne bouge pas, mais la pression change tout. Les joueurs qui enchaînent 120 minutes au lieu de 90 arrivent avec un capital d’énergie très bas, ce qui influe sur la qualité d’exécution.

D’un point de vue préparation physique, cette perspective doit être intégrée. Un joueur qui sait qu’il est pressenti pour tirer fait bien de travailler des frappes en situation de fatigue à l’entraînement. Taper des penalties en début de séance, jambes fraîches, ne reproduit pas du tout le contexte d’une séance après prolongation. Le cerveau, le cardio, les quadriceps, tout réagit différemment.

Les puristes discutent encore pour savoir si les tirs au but sont « justes ». Objectivement, ce n’est ni totalement équitable ni complètement aléatoire. Un joueur qui s’entraîne sérieusement, un gardien qui analyse les habitudes des adversaires, une équipe qui prépare ce moment augmentent leurs chances. Mais il reste une part de variabilité que les prolongations, elles, réduisent un peu, car on reste dans le cadre du jeu collectif.

Face à ces débats, certaines voix ont proposé des alternatives exotiques inspirées d’autres sports. Jusqu’ici, rien n’a réellement convaincu les fédérations. Le duo prolongation + penalties reste la combinaison la plus lisible pour le public et la plus praticable en termes d’organisation. Ce qui est sûr, c’est que ces 30 minutes supplémentaires continuent de concentrer une part disproportionnée des émotions d’un tournoi entier.

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Impact du temps de prolongation sur le corps : fatigue, blessures et préparation

Physiquement, passer de 90 à 120 minutes de jeu change la donne. On n’est plus du tout sur la même facture énergétique. Les réserves de glycogène, ce carburant stocké dans les muscles, sont largement entamées, et les capacités de sprint répété chutent. C’est là que l’on voit apparaître les crampes, les ischios qui tirent, les quadriceps qui brûlent à chaque changement de direction.

Les études récentes montrent une hausse nette des microtraumatismes musculaires dans le dernier quart d’heure d’une prolongation. En clair, les fibres sont déjà micro-déchirées par les sprints, appuis et duels accumulés, et le risque de passer de la simple gêne à l’élongation ou au claquage augmente. Sur un terrain lourd ou sous une chaleur élevée, ce risque grimpe encore.

Pour un préparateur physique, la prolongation se prépare en amont. Ce n’est pas quelque chose que l’on improvise sur un coin de feuille à la 90e. L’objectif des séances est assez clair :

  • développer une endurance aérobie solide pour tenir l’intensité globale sur la durée totale possible de 120 minutes ;
  • travailler l’aptitude à répéter des sprints courts en fin d’effort, quand les réserves sont basses ;
  • habituer les joueurs à gérer une reprise après une courte trêve (comme les 5 minutes avant prolongation) sans laisser le corps se refroidir.

Des formats type fractionné 15/15 ou 30/30 sont fréquents pour coller au profil intermittent du football : 15 secondes à haute intensité, 15 secondes de récupération, sur 10 à 20 répétitions. Intégrer ce genre de séance deux fois par semaine sur une période ciblée aide vraiment à encaisser les pics d’intensité pendant la prolongation, notamment pour les ailiers et latéraux qui couvrent beaucoup de terrain.

Les joueurs amateurs peuvent s’inspirer de cette logique sans la copier à l’identique. Sur un cycle de quatre semaines avant une compétition à élimination directe, prévoir :

Mon conseil de coach : pour les compétitions où la prolongation est possible, placer une séance haute intensité en milieu de semaine et un travail d’endurance plus long le week-end est souvent suffisant pour un niveau amateur. Inutile d’en faire plus si la récupération derrière n’est pas au niveau.

L’hydratation reste un sujet sous-estimé. Arriver à la prolongation déjà déshydraté de 2 % du poids de corps, c’est s’exposer à des crampes et à une baisse de lucidité. Dans un match avec beaucoup d’arrêts et de temps additionnel, certains joueurs pensent à tort qu’ils « économisent » leurs efforts. En réalité, ces interruptions coupent le rythme mais ne réduisent pas tant que ça la dépense globale, surtout quand la pression mentale monte.

Les jeunes catégories sont encore plus sensibles. Pour un U15 qui joue une prolongation en 2 x 10 minutes, le ratio entre temps de jeu et capacités physiques est parfois plus déséquilibré que chez un adulte professionnel. Les entraîneurs de formation sérieux adaptent donc les charges à l’entraînement, évitent les surcharges de matchs et apprennent aux joueurs à écouter les signaux d’alerte : tiraillements inhabituels, vertiges, perte de coordination.

Dernier point trop souvent négligé : la récupération post-prolongation. Un match qui dure 120 minutes exige un protocole de retour à la normale plus rigoureux. Rafraîchissement, hydratation, apport en glucides et protéines, étirements légers le soir même, puis séance de décrassage le lendemain, idéalement avec 20 à 30 minutes de footing très léger et un peu de mobilité. Ignorer cette étape, c’est se condamner à traîner des douleurs sur le match suivant.

En résumé, la prolongation n’est pas juste un bloc de 30 minutes de plus. C’est un autre type d’effort, sur un corps déjà fatigué. Celui qui anticipe et prépare ce scénario a un vrai avantage, que ce soit dans un club amateur ou au plus haut niveau.

Stratégies, coaching et mental pendant les prolongations de football

Sur le plan tactique, beaucoup d’équipes abordent la prolongation comme un troisième match à l’intérieur du même soir. Après la première mi-temps et la seconde, on repart sur un bloc où tout doit être recalibré : intensité du pressing, hauteur de la ligne défensive, gestion des remplacements, préparation mentale aux penalties.

Un schéma revient souvent chez les entraîneurs prudents : repasser en 4-4-2 ou en 4-5-1 compact pour sécuriser l’axe et limiter les courses inutiles. L’idée, ce n’est pas de garer le bus, mais de réduire les espaces entre les lignes pour rendre les déplacements plus courts et plus contrôlés. Un bloc bien organisé consomme moins d’énergie, surtout quand les jambes sont lourdes.

D’autres coachs choisissent l’option inverse sur les 10 premières minutes de prolongation : mettre un coup d’accélérateur offensif en pariant sur le fait que l’adversaire est mentalement sonné par l’égalisation tardive ou par la pression du moment. Dans ce cas, on voit arriver des attaquants frais, des ailiers rapides, tout ce qu’il faut pour exploiter la moindre baisse de concentration de la défense.

Les règles récentes sur les remplacements jouent un rôle majeur. Avec la possibilité de faire jusqu’à 5 changements dans le temps réglementaire, et parfois un sixième en prolongation selon les compétitions, le coach dispose de leviers supplémentaires. Encore faut-il les utiliser avec discernement. Griller toutes ses cartouches avant la 80e peut laisser une équipe sans solution si un joueur se blesse à la 100e.

Tiens, un cas concret. Dans une coupe régionale, un entraîneur décide de laisser sur le banc son meilleur tireur de coups de pied arrêtés jusqu’à la prolongation. L’idée : le faire entrer frais pour les 30 dernières minutes et les éventuels penalties. Sur le papier, ça se tient. Dans la réalité, son équipe ne parvient jamais à lui faire parvenir un ballon exploitable, et elle encaisse même un but sur contre. Moralité, surprotéger un éventuel scénario de tirs au but peut faire perdre le match avant même d’y arriver.

Le mental, lui, ne suit pas toujours une courbe linéaire. Certains joueurs se transforment en prolongation, portés par l’adrénaline, quand d’autres s’effondrent. Les leaders vocaux ont alors un poids énorme. Celui qui continue à parler, à replacer, à encourager, rassure tout le monde. À l’inverse, une équipe qui passe les 5 minutes de trêve la tête dans le sol envoie un signal catastrophique.

Pour préparer ces situations, beaucoup de staffs travaillent aujourd’hui avec des outils vidéo et des supports pédagogiques. Un site comme USLCF et son contenu autour du football permet, par exemple, de comprendre comment structurer une saison ou un plan de match en tenant compte de ces phases décisives. L’objectif n’est pas de transformer chaque amateur en analyste tactique, mais de rendre ces notions accessibles et applicables.

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Au niveau amateur, une erreur fréquente consiste à tout changer tactiquement au moment de la prolongation. On passe d’un jeu posé à des longs ballons systématiques, d’un bloc médian à un repli total. Résultat, les joueurs ne reconnaissent plus leurs repères, se fatiguent à courir derrière le ballon et finissent par craquer. Le bon sens voudrait qu’on ajuste, qu’on resserre certains principes, mais qu’on garde l’identité de jeu qui a permis d’arriver là.

Côté arbitral, la gestion de la prolongation est aussi un test. L’arbitre doit maintenir la même ligne de tolérance, continuer à sanctionner les fautes rugueuses, tout en gardant en tête que la fatigue entraîne parfois des gestes maladroits plus que mal intentionnés. La bonne attitude consiste à rester cohérent avec ce qui a été sifflé pendant les 90 minutes, sans tomber dans le laxisme « parce que tout le monde est cramé ».

En termes de coaching, la prolongation récompense surtout la clarté. Une ou deux idées fortes, bien expliquées, valent beaucoup plus qu’un discours interminable à la 90e. Les joueurs doivent sortir de la trêve en sachant exactement ce qu’on attend d’eux sur la première et la deuxième mi-temps de cette phase finale.

Tendances actuelles, pratique amateur et gestion concrète des prolongations

Le football reste le sport collectif numéro un en France, avec plus de 2,15 millions de licenciés recensés en 2025 et une nouvelle hausse attendue. Avec cette masse de pratiquants, la question de la charge de matchs, des prolongations à répétition et de la santé à long terme revient régulièrement sur la table. Les instances commencent d’ailleurs à réfléchir à des formats plus légers dans certaines compétitions, surtout pour les jeunes et les joueurs amateurs qui enchaînent travail, études et rencontres le week-end.

Les témoignages de terrain vont tous dans le même sens. Jean, 14 ans, qui joue en U15 régional, a découvert la prolongation lors d’un tournoi à élimination directe. Son coach avait anticipé en intégrant un peu plus de fractionné dans les séances des semaines précédentes et en expliquant très clairement ce qui se passerait en cas de match nul. Résultat, au moment où l’arbitre annonce les 2 x 10 minutes supplémentaires, l’équipe ne panique pas. Ils savent qu’ils devront rester compacts et gérer leurs courses, plutôt que de tout donner sur les 5 premières minutes.

À l’autre bout du spectre, Marie, 28 ans, joue en club loisir et participe à une petite coupe locale. Son équipe se retrouve deux fois en prolongation sur le même week-end. La première fois, tout le monde se jette vers l’avant, les remplacements sont gérés au feeling, les crampes arrivent, et la défaite suit. Le lendemain, elles décident de faire l’inverse : bloc un peu plus bas, conservation du ballon, changements programmés avant la 100e. Même si le niveau est modeste, cette simple prise de conscience change leur rapport à la fin de match.

Les outils numériques prennent aussi leur place. Applications d’analyse, montres cardio, GPS de poignet, tout ça permet de mieux surveiller la charge durant les matchs longs. Pas besoin de dupliquer la technologie des pros à tout prix, mais comprendre à quelle intensité individuelle on joue aide à anticiper les moments où le corps va décrocher, notamment dans les dernières minutes du temps de prolongation.

Sur le plan culturel, les prolongations continuent d’écrire des histoires marquantes. Les buts décisifs après la 110e minute s’inscrivent durablement dans la mémoire collective, justement parce qu’ils arrivent quand tout le monde est au bout du rouleau. Ce ne sont pas forcément les plus beaux gestes techniques, mais ce sont souvent ceux qui résument le courage, le mental, l’endurance.

Les contenus pédagogiques se multiplient d’ailleurs sur le sujet. Des plateformes spécialisées, des blogs de coachs, des préparateurs physiques détaillent comment calibrer les charges et les tactiques. Un site comme ce guide pour structurer sa saison de football peut servir de base pour comprendre comment caser les phases de travail d’endurance, les pics de forme et les moments de décharge, en pensant aux scénarios de prolongation sur les matchs couperets.

Pour les clubs amateurs qui veulent faire les choses proprement, quelques axes simples font déjà une grande différence :

  • programmer au moins une séance d’endurance intermittente par semaine pendant les périodes de coupe ;
  • tester en match amical une gestion spécifique des dernières 20 minutes, comme si une prolongation allait suivre ;
  • former les joueurs à reconnaître les signaux de fatigue avancée et à oser demander le remplacement avant la casse.

Les erreurs fréquentes, elles, se répètent. Boire une gorgée d’eau à la va-vite pendant la trêve, repartir sans s’être étiré un minimum, relancer à fond les ballons dans l’axe comme si le match venait de commencer, oublier totalement la notion de temps additionnel dans les dernières secondes de la prolongation… Tout cela s’apprend, se corrige, et finit par devenir des automatismes.

En filigrane, une question simple se pose : jusqu’où veut-on aller en termes d’intensité et de charge pour un public qui, la plupart du temps, n’est pas professionnel ? Pour l’instant, la prolongation garde sa place dans les grandes compétitions et dans pas mal de coupes locales. Rien n’empêche cependant chaque club, chaque coach, d’adapter son discours, ses entraînements et ses attentes pour que ces 30 minutes supplémentaires restent un défi sportif, pas une loterie physique.

La prolongation est-elle systématique en cas de match nul ?

Non. La prolongation ne s’applique que dans les compétitions dont le règlement la prévoit, en général les coupes et phases finales à élimination directe. En championnat, un match nul après 90 minutes reste un nul, sans prolongation ni tirs au but.

Combien de temps dure exactement une prolongation au football ?

La prolongation dure 30 minutes, en deux mi-temps de 15 minutes avec changement de côté. L’arbitre peut ajouter un court temps additionnel à chaque période pour compenser les arrêts de jeu importants, comme il le fait déjà pendant le temps réglementaire.

Pourquoi certains tournois amateur passent directement aux tirs au but ?

Dans beaucoup de compétitions locales ou de tournois de jeunes, les organisateurs sautent la prolongation pour limiter la fatigue, réduire le risque de blessure et tenir le planning des rencontres. Cela évite aussi aux joueurs qui travaillent ou étudient à côté de terminer trop tard.

Comment se préparer physiquement à jouer une prolongation ?

Il faut travailler l’endurance générale, mais aussi la capacité à répéter des sprints en fin de match. Des séances de fractionné court, un bon niveau d’hydratation, une alimentation adaptée et une récupération soignée après les rencontres sont les bases pour encaisser ces 30 minutes supplémentaires.

Les règles de la prolongation sont-elles différentes de celles des 90 minutes ?

Les règles du jeu restent les mêmes : fautes, hors-jeu, cartons, tout s’applique de façon identique. La différence se situe dans la durée, le découpage en deux périodes de 15 minutes, la courte trêve avant de reprendre, et la possibilité de tirs au but si le score est toujours nul après ces 30 minutes.

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